À Marseille, Casa YOUM garde fissures et défauts du bâti

À Marseille, Amira et Édouard Méchin ont gardé fissures, sol d’origine et lampe brisée pour composer une Méditerranée personnelle, sans décor de carte postale.

Yanis Benali Par Yanis Benali
3 min de lecture
À Marseille, Casa YOUM garde fissures et défauts du bâti
Travaux de ponçage d’un mur intérieur à l’aide d’une ponceuse électrique télescopique.

En bref

  • Casa YOUM, à Marseille, a été façonnée par Amira et Édouard Méchin à partir d’une maison existante.
  • Chaux, pierre brute, béton, bois et lin forment la base, avec du terracotta en touche de couleur.
  • Textiles de saison et objets chinés font évoluer l’ambiance sans toucher à l’architecture.

Une maison méditerranéenne réussie n’a pas besoin d’être parfaite, et c’est même l’inverse qui la rend vivante. À Marseille, Casa YOUM réunit pourtant tous les codes : murs blancs, pierres apparentes, oliviers, lumière omniprésente et matières naturelles, comme le décrit AD Magazine.

Partir de la maison telle qu’elle est

Les propriétaires, Amira et Édouard Méchin, sont partis d’une maison existante dont ils ont choisi de garder les irrégularités. Leur point de départ tient en une phrase : « La Provence, la maison telle quelle comme point de départ et nos origines entre l’ Italie et la Tunisie. »

Le nom du lieu donne la clé : YOUM signifie « le jour » en arabe, avec l’intention de créer la maison où l’on a envie de passer la journée. Fissures, irrégularités et traces du temps ont été conservées à certains endroits, notamment dans les espaces de vie. Les propriétaires résument : « Notre premier geste a été de ne pas effacer l’existant. L’architecture de la maison a dicté le projet jusqu’à ses défauts. »

Des artisans, de l’oxydation et une lampe brisée

Le caractère vient aussi des pièces fabriquées. Une grande porte en bois a été réalisée sur mesure en Tunisie, volontairement plus imposante que l’ouverture d’origine, comme dans les anciennes maisons. Tables et luminaires neufs sont l’œuvre d’artisans, dont une artisane du verre soufflé et du métal. Le consigne donnée : « Le brief que l’on donnait aux artisans était que l’on aime que ce soit imparfait. »

Le métal, qu’on leur avait déconseillé parce qu’il s’oxyde, a été assumé plutôt que dissimulé.

Les meubles aussi participent à cette ossature : le sol d’origine a été gardé, et de nombreuses structures sont en pierre ou en béton maçonné. Lits et assises, construits sur place, ne peuvent plus être déplacés.

La palette à reprendre chez soi

Élément Choix à Casa YOUM
Base des murs chaux et murs blancs
Matières phares pierre brute, béton, bois, lin
Couleur nuances neutres, touches de terracotta

Les matières naturelles ont, disent les propriétaires, « cette capacité incroyable à transformer un lieu simple en lieu vivant ». Le terracotta est la principale touche de couleur, la teinte étant la préférée d’Amira Méchin, qui la relie à la terre.

Changer d’ambiance sans toucher aux murs

Puisque l’architecture est figée, la variation passe par ce qui se déplace :

  • des textiles changés selon les saisons, comme les matelas en lin, pour modifier l’atmosphère ;
  • des objets chinés, accumulés progressivement au gré des trouvailles ;
  • des pièces d’origines mêlées : arches, paniers, tapis et luminaires de Tunisie, voisinant avec des objets de France et d’Italie.

Le couple ne voulait pas d’une maison trop connotée tunisienne, d’où ce mélange.

Le jardin prolonge la maison

Les plantes intérieures répondent à celles du jardin, où les oliviers et platanes d’origine ont été gardés. Les surfaces minérales dialoguent avec les murs et sols extérieurs. Quelques clins d’œil voyagent : un cabanon bleu majorelle évoque la Grèce, les cactus rappellent le Mexique, et graviers et terrasses en béton renvoient aux Pouilles.

Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels